Un homme peut-il être juste devant Dieu?

Un homme peut-il être juste devant Dieu?

Nous voici à l’obstacle primordial en ce qui a trait au salut des êtres humains : Comment est-ce qu’un juge absolument juste peut-il justifier un criminel qui est lui-même absolument coupable et condamné? Comment est-ce qu’un être humain peut-il échapper la condamnation à l’enfer? Dieu lui-même a déclaré que « Celui qui justifie le méchant et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination à l’Éternel. »1 Supposons qu’un père retourne à sa maison et découvre que sa famille a été tuée. Après avoir effectué une chasse à l’homme, il réussit à capturer le meurtrier. Lorsque le criminel apparaît devant le juge, il est indéniablement déclaré coupable du crime. Cependant, lorsque sa sentence doit être déclarée, le juge déclare : « Cet homme a commis un crime horrible, mais puisque je suis un juge aimable, je le déclare non-coupable. En fait, je le déclare juste aux yeux de la loi! » Un tel juge serait considéré aussi criminel que le malfaiteur! Il a « justifié le méchant » et il est « en abomination à l’Éternel ».

Mais, si ce concept est valide pour la justice humaine, il l’est beaucoup plus pour la justice divine. Comment les fils d’Adam – souillés et coupables – peuvent-ils espérer se tenir devant Dieu, le juge juste de ce monde? Comment Dieu peut-il « justifier les méchants » sans devenir en abomination à Lui-même? « Celui qui dit au méchant, ‘Tu es juste’, les peuples le maudiront, les nations seront indignées contre lui. »2 Comment Dieu peut-il dire à des pécheurs comme nous, « vous êtes justes », sans violer son propre caractère? Comment Dieu peut-il nous sauver de Lui-même, soit sa justice?

Ce dilemme a causé une misère incroyable à l’âme sensible à la culpabilité. C’était précisément le problème du patriarche Job. « Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu? S’il se plaît à contester avec Lui, il ne Lui répondra pas sur un point entre mille. »3 « Qu’est-ce que l’homme mortel, pour qu’il soit pur, et celui qui est né d’une femme, pour qu’il soit juste? Voici, Il ne se fie pas à ses saints, et les cieux ne sont pas purs à ses yeux. Combien plus l’homme, qui boit l’iniquité comme l’eau, est-il abominable et corrompu! »4 « Et comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu, et comment serait pur celui qui est né de femme? Voici, la lune même ne brille pas, et les étoiles ne sont pas pures à ses yeux. Combien moins l’homme, un ver, et le fils de l’homme, un vermisseau! »5

Ce dilemme affecte particulièrement le pécheur repentant. Il sait qu’il mérite d’aller en enfer. Il arrive souvent que les criminels se livrent eux-mêmes aux autorités pour que justice soit faite, plutôt que d’essayer de vivre avec un sentiment de culpabilité. Les pécheurs repentant reconnaissent qu’ils méritent d’être punis, et qu’il ne serait pas bien de faire le contraire. Ils savent que Dieu ne peut pas simplement « balayer leurs péchés sous du tapis » et oublier. Pour cette raison, leur propre cœur crie, « Comment est-ce qu’un Dieu juste peut-il me considérer avec faveur? Comment est-ce que ce fardeau de culpabilité peut-il être retiré? Comment Dieu peut-il prononcer une bénédiction en ma faveur? Comment est-ce qu’un homme comme moi peut-il être juste devant Dieu?

Imputation

Il existe une solution au dilemme. Quelqu’un doit payer pour les péchés du pécheur. La justice doit être satisfaite. Soit qu’elle sera satisfaite par les souffrances éternelles du pécheur en enfer, ou elle sera satisfaite par les souffrances de quelqu’un d’autre à la place du pécheur.

Le mystère des mystères! Cette personne est venue! Le Seigneur Jésus Christ « a porté nos péchés en son corps »6 sur la croix. « Cependant, ce sont nos souffrances qu’Il a portées, c’est de nos douleurs qu’Il s’est chargé. Et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »7

Comment est-ce que ce transfert s’effectue? Pour comprendre, nous devons considérer ce que signifie l’imputation. Nous pouvons comprendre davantage en étudiant un passage de la lettre de Paul à Philémon concernant le retour de son esclave, Onésime : « Si donc tu me tiens pour associé à toi, reçois-le comme moi-même; mais, s’il t’a fait quelque tort ou s’il te doit quelque chose, mets-le-moi en compte. »8 Nous voyons que Paul indique à Philémon de « mettre sur son compte » (littéralement, « imputer ») quelconque dette qu’Onésime doit à Philémon. Ce n’était vraiment pas la dette de Paul, mais Paul la prend volontairement comme si elle était la sienne.

Ce même mot est utilisé en ce qui a trait au péché. Par exemple, la Bible déclare que « le péché n’est pas mis en compte (« imputé ») quand il n’y a pas de loi »9. De plus, dans Romains chapitre 4, Paul dit, « mais à celui qui ne fait pas des œuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est comptée à justice; ainsi que David aussi exprime la béatitude de l’homme à qui Dieu compte (« impute ») la justice sans œuvres. Bienheureux ceux dont les iniquités ont été pardonnées et dont les péchés ont été couverts; bienheureux l’homme à qui le Seigneur ne compte (« impute ») point le péché »10. Quelle transaction glorieuse! Nos péchés ne nous sont pas imputés, puisqu’ils ont été imputés au Christ, acceptés comme s’ils étaient sa propre dette; Il les a complètement payés.

Ce même concept de « porter le péché » se trouve aussi dans l’Ancien Testament. Au jour des expiations, deux boucs étaient sacrifiés – le sang du premier était versé pour l’expiation des péchés11, tandis que le deuxième bouc (vivant) devait porter les péchés jusqu’au désert12 : « Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’Éternel, et il l’offrira en sacrifice d’expiation. Et le bouc sur lequel est tombé le sort du bouc-émissaire sera placé vivant devant l’Éternel, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert comme bouc-émissaire. »13 Nous voyons que Dieu utilise deux boucs pour nous enseigner à propos du sacrifice du Seigneur Jésus Christ. D’un côté, Il est mort pour nos péchés; d’un autre côté, par sa mort, Il porte nos péchés loin de la présence de Dieu.

Remarquez la gloire de l’imputation! « Et Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités des fils d’Israël et toutes leurs transgressions, selon tous leurs péchés; il les mettra sur la tête du bouc, et l’enverra au désert par un homme qui se tiendra prêt pour cela; et le bouc portera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre inhabitée; et l’homme laissera aller le bouc dans le désert. »14 Nous devons donc nous poser cette question : « Est-ce que j’ai déjà posé la main de la foi sur le Seigneur Jésus Christ, afin de Lui remettre mes péchés, pour qu’Il les porte jusqu’au désert? »

Tout le sang des bêtes,
Tuées sur ces autels,
Ne pouvait ni apaiser la conscience,
Ni laver la tache.

Mais le Christ, l’Agneau du ciel,
Retire tous nos péchés,
Un sacrifice beaucoup plus noble
Et un sang beaucoup plus riche.

Ma foi tend sa main
Sur cette chère tête,
Tandis que, pénitent, je me tiens,
Et je confesse mon péché.
Isaac Watts

Un substitut est mort à notre place! « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur Lui l’iniquité de nous tous. »15 Voici comment un Dieu juste peut justifier des criminels dans sa cour divine. Il constate que notre dette a été imputée à son Fils. De plus, Il constate que la dette a été complètement payée. Alléluia! Dieu, par son grand amour16, nous a donné un moyen de nous sauver de sa propre justice! Il l’a fait en donnant son Fils unique pour qu’Il meure à notre place.

Au cœur de l’évangile

Ces réalités se trouvent au cœur de l’évangile. Elles sont davantage expliquées par l’apôtre Paul dans Romains 3:21-26, un passage qui est beaucoup plus facile à comprendre lorsque nous comprenons ce que signifie l’imputation :

Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage Lui étant rendu par la loi et par les prophètes, la justice, dis-je, de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient; car il n’y a pas de différence, car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu, étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice parce qu’Il avait passé par-dessus les péchés précédents dans sa patience, afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu’Il soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus.

Ainsi, Paul déclare que le Christ est mort pour payer la dette de nos péchés, afin que Dieu puisse « justifier » les pécheurs tout en demeurant « juste » Lui-même. À travers l’Ancien Testament, les péchés avaient été « passés par-dessus », leur paiement ayant été reporté jusqu’à ce que l’Agneau puisse, par sa mort, véritablement les retirer17. Durant tout ce temps, il semblait comme si Dieu était injuste, puisqu’Il justifiait des hommes (tels qu’Abraham et David) sans que la justice soit véritablement satisfaite. Pour cette raison, le Christ devait mourir « en public », pour que la justice de Dieu soit révélée aux hommes, payant ainsi le prix du péché sur la croix. Nous pourrions même dire que le Christ n’est pas seulement mort pour justifier les hommes, mais également pour justifier Dieu! Sa mort sur la croix constituait la démonstration de la justice absolue de Dieu, qui Lui-même justifie son peuple. Le Christ a accompli la propitiation (c’est-à-dire, le sacrifice qui détourne la colère divine) pour nos péchés; Il a détourné la colère de la justice de Dieu. Cette justification est un don de Dieu (il nous est impossible de payer pour la justification), par le biais de la rédemption qui se trouve en Jésus Christ (notre justification Lui a coûté cher). Nous sommes justifiés lorsque nous recevons le « don de la justice »18, soit, la « justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous ceux qui croient »19.

Portez-vous toujours le fardeau du péché et de la culpabilité? Demeurez-vous toujours sous la colère de Dieu? « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde! »20 Allez vers la source pour vous laver du péché et de toute impureté21. « Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché. »22 Peu importe vos péchés, vous pouvez être lavé puisque le sang du Christ est infiniment précieux23. « Là où le péché abondait, la grâce a surabondé. »24 Venez à Lui! Il vous invite. N’ayez surtout pas crainte d’être présomptueux. « Que celui qui a soif vienne; que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie. »25 Venez à Lui! Prenez l’eau de la vie! Remettez-Lui vos péchés et faites-Lui confiance en tant que celui qui porte votre péché. « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. »26

[Chapitre Deux de Justification et Régénération]

1 Proverbes 17:15
2 Proverbes 24:24
3 Job 9:2-3
4 Job 15:14-16
5 Job 25:4-6
6 1 Pierre 2:24
7 Ésaïe 53:4-5
8 Philémon 17-18
9 Romains 5:13
10 Romains 4:5-8
11 Lévitique 16:16
12 Lévitique 16:22
13 Lévitique 16:9-10
14 Lévitique 16:21-22
15 Ésaïe 53:6
16 Jean 3:16, 1 Jean 4:9-10
17 Hébreux 9:15
18 Romains 5:17
19 Romains 3:22
20 Jean 1:29
21 Zacharie 13:1
22 1 Jean 1:7
23 1 Pierre 1:18-19; Actes 20:28
24 Romains 5:20
25 Apocalypse 22:17; Matthieu 11:28
26 Actes 16:31

of Lake Road Chapel
Kirksville, Missouri